Interview pour INTUITION, radio en ligne

INDIRA MELLOUL : LA DANSE DERVICHE TOURNEUR COMME HYMNE À LA JOIE 

 12 AVRIL 2017 À 04H23

 

Indira Melloul, danse thérapeute, psychothérapeute Gestaltiste, superviseur, anime des ateliers de danse derviche tourneur depuis une dizaine d'années à Paris, en France, au Maroc et en Turquie. Elle expérimente cette pratique depuis plus de vingt cinq ans. Elle débute en Inde auprès d'un Maître soufi et se nourrit d’approches diverses. Elle développe son art à travers différentes techniques corporelles, alliant les danses traditionnelles, les danses sacrées et les méditations dynamiques, en mouvement, permettant l'expérience d'une rencontre du corps avec ses sources.  

Après avoir côtoyé plusieurs maîtres dans différentes traditions, dont José Reyes, de République Dominicaine, instructeur de Mouvements Gurdjieff, avec qui elle pratique intensément les danses sacrées en participant à de nombreux séminaires depuis 2007 (Film de référence : "Rencontre avec des Hommes Remarquables" de Peter Brook), elle fait une rencontre remarquable en décembre 2009 :  Nail Dédé Kesova, Cheikh de la lignée de Rûmî, du centre Galata à Istanbul. Dédé la consacre, "Semazen Baschir" Maître de danse derviche tourneur lors de leur premier séminaire en commun en mai 2010.   

Aujourd’hui, pour Indira Melloul, la danse derviche tourneur est un "hymne à la joie", une passerelle entre le Ciel et la Terre qui offre la possibilité de se reconnecter à l'essentiel, à l'Essence. Elle permet d’entrer en mouvement afin de réveiller le corps de son endormissement, de l’anesthésie des sensations. 

Cette danse soufie développe l'enracinement, l'ouverture de coeur, la connexion au céleste. Ainsi verticalisé, l'Etre Humain tournoyant reçoit la grâce divine et la transmet à la terre et à tous éléments de la nature. 

 

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REVUE DE PRESSE

Paru le 24 juin 2016 dans 

 

 

Paris :

Derviche et Planètes, tout tourne au Jardin des Plantes

 

http://www.leparisien.fr/paris-75005/paris-derviches-et-planetes-tout-tourne-au-jardin-des-plantes-24-06-2016-5910759.php.

Le voyage sur place

par Isabelle Clerc
Extrait de Revue Santé Yoga
Paru aussi dans Meditation France 05/2015
 

Pratiques et enseignements Soufis 
avec Indira Melloul. Pas toujours besoin de partir aux confins de l’univers pour voyager, partir c’est partir de l’ego. Un voyage que cette danseuse et psychothérapeute expérimentée, partage avec de nombreux élèves.

 

A 25 ans, Indira rencontre le soufisme en lisant Rûmi. Puis elle travaille avec des maîtres. Depuis un quart de siècle elle pratique la danse derviche tourneur qu’elle transmet à Paris : « J’aime tout ce qui fédère, rassemble, dit-elle. En collectif, l’énergie se démultiplie ».

 

Elle conduit ses élèves pas à pas en commençant par un travail sur l’ancrage. Lorsque le niveau énergétique est monté, il devient possible de passer à l’émotionnel, ce que l’on ressent, ce ressenti que nous n’avons pas appris à écouter, raison pour laquelle nous nous conformons et nous blindons. 
C’est seulement après cette étape que l’on peut se connecter : « On tourne du côté gauche, côté du cœur, de l’intériorité. Quand on tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, on déconstruit l’aspect bancal qui est en nous en y faisant face et progressivement on revient à son essence. On apprend à creuser un axe, à partir d’un centre qui est le pied gauche. On reçoit le souffle de l’esprit par la main droite, on redonne avec la main gauche. Dans ces moments de tournoiement, il arrive que l’on touche l’extase mais ce n’est pas le but en soi, précise Indira. »

 

Une mystique centrée sur l’amour et la tolérance

 

Il est possible de tourner sur n’importe quelle musique qui nous touche. La valse aurait été inspirée par le tournoiement des derviches. Ainsi « Derviche Caravane », la troupe d’Indira Melloul a tourné dans la cour d’honneur des Invalides au son du Boléro de Ravel lors de la soirée « Claude Lelouch en musique ».
Mais revenons à l’origine, cette danse derviche qui est de nouveau pratiquée dans de nombreux pays, particulièrement en Turquie. C’est là qu’elle a pris ses racines dans l’ordre Mevlevi, inspirée par Mevlana Celaleddin Rûmi dont la mystique était centrée sur l’amour et la tolérance sans distinction de religion, de sexe, et de culture :

« Viens, viens, viens, qui que tu sois, viens ! Viens aussi que tu sois infidèle, idolâtre ou païen. Notre couvent n’est pas un lieu de désespoir. Même si cent fois tu es revenu sur ton serment, viens ! »

La puissance de ces mots de Rûmi résonnera-t-elle dans le vide spirituel occidental, ce vide qui l’expose dangereusement comme nous l’avons vu récemment à Paris ?

Isabelle Clerc